Comment savoir si on a déjà un Livret A ?

Comme des millions de Français, vous avez peut-être oublié l’existence du livre d’épargne que vos grands-parents vous avaient souscrit à votre naissance. Peut-être avez-vous été désigné sans le savoir comme bénéficiaire d’un contrat pour avoir trouvé un héritier ou un titulaire. Qu’il s’agisse de comptes bancaires, d’assurance-vie ou de tout autre produit d’épargne, les montants des fonds privés sont vertigineux : en 2016, 3,7 milliards d’euros ont été versés à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), qui détient des capitaux non réclamés en dernier recours.

Et selon les dernières estimations de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur du secteur financier, ces sommes ne sont pas proches de la liquidation : 19 milliards d’euros dorment maintenant dans des comptes bancaires et des produits d’épargne salariale désignés comme « inactifs ». Écoutez ici que la transaction n’a pas été enregistrée pendant une certaine période, de un à cinq ans, selon la nature de les produits, et le détenteur ne s’est pas manifesté. Ajoutez les 5,4 milliards d’euros détenus par les assureurs dans les contrats d’assurance-vie invendus, selon les évaluations de l’ACPR en avril 2016, vous aurez une idée de l’ampleur de ce qu’on appelle l’épargne privée.

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est très facile de perdre, d’oublier un produit d’épargne ou d’ignorer que l’on en est l’héritier. Savez-vous, par exemple, combien de comptes bancaires possèdent ou possèdent vos parents ? Très peu d’entre nous peuvent répondre à cette question avec précision. Autre exemple, vous avez perdu un membre de votre famille ou un parent il y a une dizaine d’années : le défunt pourrait très bien le nommer avec le droit à l’une de ses assurance-vie ou avoir droit à un compte de titres ouvert par votre tante, décédée il y a quinze ans.

Économies familiales insoupçonnées

Quoi qu’il en soit, ces économies vous redonnent puisque vous en êtes propriétaire. Mais en l’absence d’informations suffisamment précises ou à jour, votre capital est tombé dans la « déférence » sans avoir récupéré un héritier ou un titre. Savez-vous, par exemple, combien de comptes bancaires possèdent ou possèdent vos parents ? Très peu d’entre nous peuvent répondre à cette question avec précision. Un autre exemple est que vous avez perdu un membre de votre famille ou un membre de votre famille il y a une dizaine d’années : le défunt pourrait très bien le nommer sur l’un de ses comptes bancaires, sans l’avoir informé. Il a également pu ouvrir plusieurs comptes dans différentes institutions, sans en informer leur entourage. Et si vous ne l’avez pas signalé à votre notaire avant sa mort, cet argent n’a pas été déclaré à la succession.

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Pour l’anecdote, notez qu’en janvier 2016, l’ACPR a enregistré 45 000 comptes détenus par des centenaires. Parallèlement, selon l’INSEE, la France ne comptait que 21 000 personnes de cet âge… Recherchez l’erreur ! Un autre exemple est que vous pourriez bénéficier d’une assurance-vie pour votre voisin ou votre oncle décédé il y a 15 ans. Mais encore une fois, il n’a jamais été informé de l’existence de ces sommes. Il suffit que ce voisin ou oncle l’ait désigné trop grossièrement dans la clause bénéficiaire du contrat pour que l’assureur ait perdu sa trace. À ce jour, la Caisse des Dépôts déclare conserver 843 millions d’euros sur 550 000 contrats d’assurance-vie. Ceux qui attendent toujours d’être réclamés.

Loi obligeant les banques à restituer l’argent

Enfin, il se peut que vous soyez plus directement concerné. Ce sera le cas si vous avez ouvert un compte il y a une vingtaine d’années mais que vous ne l’avez pas nourri depuis longtemps. N’ayant pas immédiatement besoin de ce capital, il n’a pas pensé à demander à sa banque de transférer le compte. Vous avez oublié de l’informer de votre dernier changement d’adresse ou de situation familiale. L’établissement n’a pas pu vous contacter par courrier ou par téléphone, et n’ayant aucune nouvelle de votre part, il a fermé votre compte. De votre côté, vous avez oublié jusqu’à son existence. Donc, malgré vous, votre capitale est tombée dans l’embarras.

Depuis des décennies, ces milliards d’euros non réclamés sont restés dans les coffres des banques et des assurances. Il n’y avait aucun moyen légal pour les héritiers de manifester. Ce n’est qu’en 2008 qu’une première étape a été franchie avec l’entrée en vigueur d’une législation obligeant les assureurs à vérifier si leurs clients étaient décédés ou non. En 2014, la Commission des sanctions de l’ACPR a conclu que le traitement des stocks de contrats privés par les assureurs était « très insuffisant », ce qui l’a amenée à imposer des amendes assez salées à plusieurs grandes entreprises (100 millions d’euros au total).

Il est apparu avec l’assurance-vie, que le phénomène s’est finalement avéré d’une plus grande ampleur, tous les produits d’épargne bancaire touchés. En réponse, le régime Eckert, issu de la loi du 13 juin 2014 du même nom, est finalement entré en vigueur le 1er janvier 2016. Impose de nouvelles obligations aux banques et assureurs. Et il offre aux épargnants et aux héritiers plusieurs outils pour recouvrer leurs dettes, avant leur transfert final vers l’État, après trente ans.

Premièrement, la loi Eckert oblige les banques et les compagnies d’assurance à consulter chaque année le Registre national d’identification des personnes physiques (NNIPP), détenu par l’INSEE, pour vérifier que les détenteurs de leurs produits financiers ne sont pas décédés. Mais le plus important, c’est que les institutions doivent énumérer tous les comptes inactifs qu’elles possèdent une fois par an. À la fin d’une « période d’inactivité », les soldes de ces comptes sont automatiquement transférés à la Caisse des Dépôts et Consignations, le dernier intermédiaire à pouvoir retourner des biens défavorisés à leurs propriétaires, avant leur retour dans l’État.

Attention, l’échelle de temps n’est pas la même selon que le détenteur du produit financier est vivant ou décédé, et selon la nature du produit. En cas de décès de l’abonné, les comptes et livres bancaires de l’abonné sont inactifs si les bénéficiaires n’apparaissent pas après 12 mois. L’établissement les maintient pendant trois ans, avant de transférer son solde au CDC. L’organisme public les maintient vingt-sept ans avant que l’État n’en devienne propriétaire.

Si le titulaire est en vie, son compte courant ou son compte de dépôt sera déclaré inactif après douze mois sans transaction ni démonstration client dans l’établissement. L’argent reste dix ans à la banque, avant d’être versé au CDC, qui le détient pendant vingt ans. Pour les plans d’épargne et les brochures (brochure A, plan d’épargne en actions, plan d’épargne d’entreprise, etc.), la période d’inactivité débutera si le titulaire n’a pas démontré sa preuve depuis cinq ans. Les fonds sont conservés pendant cinq ans avant d’être transférés au CDC pendant 20 ans.

Toutefois, si les économies sont bloquées pendant une certaine période, la période d’inactivité est calculée uniquement à partir du moment où les montants sont disponibles (au bout de cinq ans, par exemple, pour les paiements à un EPE). Quant à l’assurance vie « non réclamée », alors que le contrat a atteint sa durée ou, dans la plupart des cas, lorsque l’abonné est décédé, les assureurs les retournent au CDC après dix ans, puis la Caisse les conserve pendant vingt ans. Cependant, dans tous les cas, un total de trente ans doit s’écouler entre le moment où un produit financier est déclaré par déférence avec le moment où il devient la propriété permanente de l’État et ne peut plus être réclamé.

Il est important de connaître ces délais, car ils vous permettront de savoir à qui vous adresser si vous pensez être le détenteur ou le bénéficiaire d’une épargne « perdue ». Cas simple : L’établissement où vous l’avez ouvert a toujours son compte courant oublié ou brochure. À partir du moment où elle se manifeste, vous interrompez la période d’inactivité, puis vous pouvez résilier le compte, le transférer ou le maintenir librement. Veuillez noter que puisque la loi Eckert, dès que le produit est classé inactif, l’établissement doit vous contacter et vous demander de le soumettre par la poste tous les ans pendant dix ans.

Avant d’envoyer une dernière lettre vous informant que, sans aucune nouvelle de votre part, votre compte sera fermé au bout de six mois, puis transféré à la Caisse des Dépôts et consignations. Une autre hypothèse est que trop longtemps est écoulée et que vos économies ont été transférées à la Caisse des Dépôts et consignations. Si le compte est perdu en vue depuis plus de trente ans, il n’est pas nécessaire de le chercher, votre argent est retourné à l’État. Mais si cette date limite n’a pas encore été respectée ou si vous n’êtes pas sûr, depuis janvier 2017, vous pouvez consulter gratuitement le site Web de Ciclade disponible par CDC. Tout est effectuée en ligne, il suffit d’indiquer votre nom, votre date de naissance, votre nationalité, votre municipalité et votre pays de naissance ainsi que votre dernière adresse connue. Et l’outil s’occupe de trouver vos fonds.

L’étape suivante dépendra de la façon dont vos informations correspondent aux données stockées dans le CDC. Si votre demande n’est pas acceptée, il est possible que les sommes n’aient pas encore été transmises car les délais légaux n’ont pas été respectés. En revanche, si un résultat est trouvé, il vous sera demandé de créer un espace personnel. Vous pouvez ensuite soumettre un formulaire de retour. Une fois validé, vous recevrez l’argent par virement.

Veuillez noter que si la Caisse des Dépôts conserve les sommes avec déférence et met à disposition l’outil Cyclade, elle ne s’adresse pas aux détenteurs des contrats, des comptes ou des brochures en leur possession de sa propre initiative. C’est à vous de faire la démonstration. La procédure est la même si vous n’êtes pas le propriétaire du produit. À côté de Ceci, vous devez entrer les dates de naissance et de décès de l’abonné. Toutefois, si l’enquête s’avère fructueuse, il reste à prouver le statut de demandeur pour récupérer les fonds.

Pour les contrats d’assurance-vie, lorsque l’abonné est décédé depuis moins de dix ans et ne connaît pas la compagnie d’assurance, vous pouvez également contacter l’Association for the Management of Insurance Risk Information (Agira.Asso.fr). Il vous sera demandé de fournir par courrier les noms, noms et adresses des bénéficiaires potentiels et du défunt, ainsi qu’un certificat de décès de l’assuré. L’association dispose de 15 jours pour envoyer la demande à toutes les compagnies d’assurance, institutions de retraite ou fonds communs de placement. Si un contrat est trouvé, l’information est envoyée directement aux bénéficiaires, « qui ne sont pas les candidats en tout temps », explique Agira. En d’autres termes, votre trajet aussi peut faire de vous un bienfaiteur !

Attention aux escroqueries de déférence

En outre, depuis janvier 2016, le système Eckert a ouvert l’accès aux registres nationaux des notaires, sous réserve d’un mandat signé par les héritiers. Vous pouvez consulter l’Archive nationale des comptes bancaires et assimilés (Ficoba), qui répertorie tous les types de comptes (banque, poste, épargne, etc.) pour trouver les actifs oubliés d’un capital social. Ou le fichier de contrat d’assurance vie (Ficovia) est également mis à leur disposition.

Toutes ces approches ont une chose en commun : elles sont initiées par leur bénéficiaire potentiel et sont gratuites par Cyclade et Agira. Restez à l’écoute et ne cédez pas aux demandes téléphoniques ou Internet des escrocs qui, sous prétexte de vous rendre prétendument avec des fonds de malheur, vous demanderont des frais de dossier ou, pire, vous donneront vos identifiants bancaires…

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