64 ans, c’est la nouvelle frontière. Un chiffre qui n’a rien d’abstrait : il trace la limite officielle pour la retraite des générations nées à partir de 1968, sauf parcours atypiques ou métiers à la pénibilité reconnue. Pourtant, il ne s’agit pas d’un couperet automatique. Le départ ne tombe pas d’en haut : il découle d’une démarche individuelle, une décision qui doit être actée auprès de la caisse de retraite. À ce moment-là, les droits sont passés au crible, point par point.
Dans certains cas, la sortie du monde du travail peut intervenir plus tôt, à condition de présenter des justificatifs solides. Les interactions entre régimes de retraite ajoutent leur part de complexité : elles peuvent modifier à la fois la meilleure date à retenir et le montant des pensions.
Ce que dit la loi sur l’âge de départ à la retraite
La législation encadrant le départ à la retraite ne laisse rien au hasard. Depuis la réforme des retraites 2023, l’âge légal de départ s’étale progressivement jusqu’à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. Ce seuil marque le début d’un droit, pas d’une obligation ferme. En clair : franchir la barre des 64 ans ne déclenche rien d’office. L’arrêt du travail reste une option, pas une fatalité.
Obtenir le taux plein, c’est-à-dire une pension non amputée, suppose d’avoir engrangé le bon nombre de trimestres. Ce quota varie selon la génération. Si la durée d’assurance n’est pas atteinte, la pension est réduite par une décote qui peut peser longtemps sur les finances. À l’inverse, ceux qui poursuivent au-delà de l’âge légal engrangent une surcote : chaque trimestre travaillé en plus fait grimper la pension.
Le système prévoit aussi des dérogations. Un départ anticipé s’ouvre à ceux qui prouvent une carrière longue, un handicap reconnu, ou perçoivent une pension d’invalidité. Les personnes touchées par une maladie professionnelle ou un accident du travail peuvent également bénéficier d’un départ avant l’âge légal, à condition de présenter les pièces adéquates.
Voici les principaux repères pour s’y retrouver :
- Âge légal de départ à la retraite : 64 ans pour ceux nés dès 1968
- Trimestres à valider pour le taux plein : entre 166 et 172, selon l’année de naissance
- Départ anticipé : accessible en cas de carrière longue, handicap, invalidité, ou maladie professionnelle
- Surcote : majoration de la pension pour chaque trimestre travaillé au-delà de l’âge légal
Des évolutions restent possibles, notamment avec la LFSS 2026. Toutefois, la structure actuelle repose toujours sur deux paramètres : âge minimal et durée d’assurance. À chacun de composer avec sa propre trajectoire : il n’existe pas de règle universelle, chaque dossier exige une lecture personnalisée.
Qui décide réellement de la date de départ ?
Qui fixe vraiment la date de la retraite ? Dans la plupart des cas, le salarié détient la main sur son calendrier. C’est lui qui enclenche la procédure, une fois l’âge légal atteint et la durée d’assurance validée. Mais cette liberté n’est pas absolue : l’employeur possède aussi quelques leviers.
En pratique, l’employeur ne peut imposer un départ qu’à partir de 70 ans. Entre 67 et 69 ans, il peut suggérer une sortie, mais le salarié conserve son choix : accepter… ou rester, sans avoir à se justifier. Au-delà de 70 ans, l’employeur peut déclencher une mise à la retraite d’office, mais il doit respecter plusieurs étapes : convocation à un entretien préalable, respect du préavis, et versement d’une indemnité au moins équivalente à celle prévue en cas de licenciement, sauf si la convention collective prévoit mieux.
Le dialogue social façonne aussi la réalité : certaines conventions collectives adaptent les règles, en allongeant le préavis, en majorant l’indemnité, ou en tenant compte de l’ancienneté. Pour éviter tout accroc, le salarié doit anticiper sa sortie, notifier l’employeur et respecter le préavis. Négliger ce formalisme peut retarder le versement de la pension ou faire perdre certains droits.
Pour mieux distinguer les rôles de chacun, voici les points clés :
- Salarié : décideur principal du départ, sous réserve du respect des règles
- Employeur : possibilité d’imposer la retraite à partir de 70 ans
- Convention collective : des ajustements sont possibles selon la branche professionnelle
Qui décide réellement de la date de départ ?
Qui tient la plume sur le calendrier du départ à la retraite ? Le salarié reste, dans la majorité des cas, maître de la date de départ à la retraite. Il choisit le moment de déposer sa demande, une fois l’âge légal atteint et la durée d’assurance validée. Mais ce libre arbitre connaît ses limites. L’employeur peut aussi intervenir, sous conditions précises.
La mise à la retraite d’office par l’employeur n’est possible qu’à partir de 70 ans. Avant cet âge, sa marge de manœuvre est restreinte. Entre 67 et 69 ans, l’employeur peut proposer un départ, mais le salarié garde la main : il peut refuser, sans justification. Au-delà de 70 ans, la décision peut s’imposer au salarié, mais l’employeur doit respecter la procédure : entretien préalable, préavis, et versement d’une indemnité de mise à la retraite alignée sur l’indemnité légale de licenciement, sauf clause plus favorable issue de la convention collective.
Le dialogue social, souvent déterminant, façonne la réalité du terrain. Certaines conventions collectives prévoient des aménagements : allongement du préavis, majoration de l’indemnité, ou modalités spécifiques liées à l’ancienneté. Le salarié doit anticiper : informer l’employeur de sa volonté de partir, respecter le préavis. L’absence de formalisme peut entraîner des conséquences sur la date effective du départ et sur les droits attachés.
- Salarié : initiative du départ, sous réserve des règles en vigueur
- Employeur : possibilité de mise à la retraite à partir de 70 ans
- Convention collective : adaptations possibles selon les secteurs
Au bout du compte, le départ à la retraite ressemble moins à une case à cocher qu’à un passage choisi, parfois attendu, parfois redouté, toujours déterminant. Un virage qui, pour beaucoup, se négocie bien avant d’arriver à l’âge fatidique. Face à cette étape, chacun doit écrire sa propre sortie, sans perdre sa boussole dans la forêt des textes et des procédures.

